Lübeck est une ville hanséatique
d'Allemagne du Nord, dans le Land de Schleswig-Holstein. Avec une
population de 213 983 habitants, c'est la deuxième ville du
Schleswig-Holstein, après Kiel, la capitale du Land. Son code de
plaque d'immatriculation est HL. Ce port de la mer Baltique est
également surnommé « la reine de la Hanse » : c'était en
effet la capitale de la Ligue hanséatique.
La ville fait partie de la liste du
patrimoine mondial de l'UNESCO, notamment pour son architecture de
briques rouges.
++Géographie++
La vieille ville de Lübeck se trouve
sur un îlot au confluent de la Wakenitz avec la Trave, rivière
navigable qui s'ouvre dans la mer Baltique 17 km plus au nord-est,
dans le quartier de Travemünde (lübeckois depuis 1329). Plusieurs
ponts sur la Trave et la Wakenitz lient la vieille ville aux
quartiers plus récents. Vers le sud, un canal (Elbe-Lübeck-Kanal)
relie la ville à l'Elbe.
Le territoire lübeckois avoisine le
Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale. C'était donc une ville
frontalière au temps de la République démocratique
allemande.
++Histoire++
La première cité
De nombreux dolmens du Néolithique
après la glaciation de Würm témoignent d'une première cité dans les
limites et aux alentours de la ville actuelle.
La cité slave
L'est du Holstein fut peuplé par les
Slaves dès le VIIe siècle. Une agglomération slave appelée Liubice
est connue depuis le temps de Charlemagne.
Le peuplement slave eut lieu dans le
Osten Holsteins à partir de 700 après Jésus-Christ. Au préalable
d'autres peuples germaniques s'y étaient établis. Déjà du temps de
Charlemagne, une première colonie recula au nord de l'île de la
vieille ville de Lübeck. Cette ville slave de Liubice, qui se
situait à l'embouchure de la Schwartau prêt de la Trave, est
aujourd'hui après des fouilles archéologiques un important
Bodendenkmal (mémorial archéologique). Cette cité fut depuis le Xe
siècle avec Oldenburg dans le Holstein (Starigard) la principale
ville des Abodrites.
Le lignage des Nakonides, résidant
dans le Mecklenburg et à Liubice, se trouvait en état de guerre
permanente avec les Liutizens. Probablement Liubice était déjà à
cette époque fortifié en château fort. Les datations
dendrochronologiques donnent l'année 819 comme date probable de la
fondation du château fort mais Liubice fut évoquée pour la première
fois en 1076 par Adam de Brême, qui expose aussi la lapidation de
Ansverus en 1066 à Einhaus. En 1093, le chrétien nakonide Heinrich
prit le pouvoir sur les Abodrites et fit de Liubice sa résidence.
Après sa mort en 1127, la ville fut brûlée par les
Ranen.
La colonisation allemande et le
château fort de Lübeck
La ville de Lübeck dans sa situation
actuelle sur la colline Buku, lieu d'un ancien château fort entre
la Trave et la Wakenitz, fut ensuite refondée par le comte Adolphe
II de Schauenburg et Holstein et devint la première ville portuaire
allemande sur la mer Baltique. Il aménagea le premier château fort
pour lequel des documents nous sont parvenus. En effet en 1147,
Helmold von Bosau évoque des fortifications constituées d'un talus
de bois et de terre. Au milieu de tombes des temps modernes, un
puits datant de environ 1155 a été mis en évidence. En 1149,
Vicelin fut évêque de Oldenburg. En 1158, Adolphe dut abandonner le
château fort à Henri le Lion, quand il exacerba l'hostilité de
celui-ci par son ingérence dans les querelles autour du trône
danois. Après un deuxième grand incendie en 1159, la ville fut à
nouveau reconstruite par Henri. Après la chute de Henri, le château
fort devint impérial de 1181 à 1189, puis jusqu'en 1192 il
appartint à nouveau au duché de Saxe. Entre 1192 et 1201, il devint
à nouveau une possession du comté de Holstein. Le château fort fut
évoqué en 1217 par le roi Valdemar II du Danemark et resta en sa
possession jusqu'en 1227, quand il fit place à un nouveau
monastère. En 1226, Lübeck devient ville impériale. En 1229, le
monastère dominicain fut fondé.
Le temps de la Hanse
Forte de sa situation géographique
favorable au commerce maritime, et de sa politique extérieure en
tant que ville libre dans le Saint-Empire romain germanique, Lübeck
s'épanouit et devint l'une des plus importantes villes de l'Europe
du Nord.
Après un incendie en 1157 et la
supposée tentative par Henri le Lion de réaliser une ville
concurrente Löwenstadt, Lübeck fut, après sa cession par le comte
Adolphe II, reconstruite en 1159 par Henri le Lion, qui pour cela
abandonna sa ville de Bardowick.
En 1160, Lübeck obtint la Soester
Stadtrecht. Cette époque est aujourd'hui considérée par les
historiens comme le commencement de la Hanse des marchands (au
contraire de la Hanse des villes). L'argument principal justifiant
cette position consiste dans le privilège de Artlenburg en 1161,
dans lequel les commerçants de Lübeck devinrent égaux en droit avec
les, jusque-là dominants, commerçants goths pour le commerce sur la
mer Baltique. À cette époque commença avec la Chronica Slavorum
sous Helmold von Bosau et son successeur Arnold von Lübeck le
témoignage détaillé sur les événements concernant les tribus slaves
du nord-ouest. En 1181, l'empereur Frédéric Barberousse donna un
fief à Lübeck au duc Bogislav Ier avec le duché de Poméranie. Le
privilège de Barberousse en 1188 dota Lübeck d'un territoire et de
nouvelles possibilités commerciales. La constitution donnée à
Lübeck par Henri institue un conseil municipal de 20 conseillers
municipaux, qui se complétait par une élection complémentaire au
sein de l'association des commerçants et élisait en son sein
jusqu'à 4 maires. De sorte que seulement les riches familles
commerçantes pouvaient prendre part au conseil, néanmoins seul un
membre d'une même famille était autorisé à participer au conseil
(jamais 2 à la fois). Un modèle de cette constitution resta
conservé en grande partie jusqu'au XIXe siècle. Ainsi les
fondements de la rapide et exclusive montée des commerçants de
Lübeck depuis l'intérieur sur le commerce au nord de l'Europe
furent posés.
Au XIVe siècle, Lübeck, alors
capitale de la Ligue hanséatique, était la deuxième ville
d'Allemagne après Cologne. Le droit lübeckois (lübisches Recht)
était en vigueur dans beaucoup de villes de l'Allemagne et de la
Baltique. La cour d'appel de la Ligue se trouvait à
Lübeck.
En étroite coopération avec
Hambourg, Lübeck contrôlait la majeure partie du commerce sur la
Baltique (entre la Scandinavie, Novgorod) et le reste de l'Europe).
Lübeck entretint alors une importante marine de guerre, notamment
pour combattre la piraterie.
Le déclin de la Ligue hanséatique
diminua l'importance de la ville, qui reste cependant un centre
commercial.
Paix de Lübeck
Prise par les Français le 6 novembre
1806 (bataille de Lübeck), Lübeck fut formellement incorporée à
l'Empire français en 1810 (elle devint l’une des
sous-préfectures du département français des
Bouches-de-l’Elbe), puis restituée par le Congrès de
Vienne.
En 1937, Lübeck perdit son autonomie
territoriale par le décret dit : Loi du Grand-Hambourg (en allemand
: Groß-Hamburg-Gesetz) l'intégrant à la Province du
Schleswig-Holstein qui faisait alors partie de la
Prusse.
La nuit du 28 mars au 29 mars 1942
voit le premier bombardement massif d'une grande ville allemande
par la Royal Air Force britannique. Le bilan est très lourd : 320
morts, 784 blessés, 1 425 habitations détruites, incendie de la
vieille ville, destruction de la cathédrale et d'autres
monuments.
Le 3 mai 1945, dans la baie de
Lübeck eut lieu le naufrage du Cap Arcona, du Thielbek et du
Deutschland coulés par la RAF. Le bilan est de 7 000 à 8 000
morts.
En 1946, la ville est rattachée au
Land de Schleswig-Holstein. Toute proche de la frontière de la
République démocratique allemande, elle accueillit un grand nombre
de réfugiés.
En 1987, l'UNESCO déclara patrimoine
mondial les parties conservées de la vieille ville. L'aire protégée
par l'UNESCO comprend les bâtiments les plus importants de la
ville, tels que l'hôtel de ville, le Koberg (quartier du XIIIe
siècle entièrement conservé) ou le Holstentor.
++Jumelages++
Kotka (Finlande) depuis
1969
Wismar (Allemagne) depuis
1987
La Rochelle (France) depuis
1988
Klaipėda (Lituanie) depuis
1990
Visby (Suède) depuis
1999
Venise (Italie) depuis
1979
Kawasaki (Kanagawa) (Japon) depuis
1992
Bergen (Norvège) depuis
1996
Évreux (France) depuis
2006
Szczecin (Pologne)
Saint-Nazaire (France)
La Johannes-Kepler-Schule à Lübeck
est également le cadre d'un échange avec le collège Soutine en
France depuis 5 ans.





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