Alger (en arabe algérien : Dzayer
; berbére : Dzayer Tamaneɣt), surnommée « el Bahdja » (« la
joyeuse »), « el mahroussa » (« la bien-gardée ») ou encore « la
blanche », est la capitale de l'Algérie et la plus grande ville du
pays. Située au bord de la mer Méditerranée, la ville donne son nom
à la wilaya dont elle est le chef-lieu. En 2010, selon World
Gazetteer, Alger compte environ 2 240 000 habitants. Avec 4,4
millions d'habitants selon le MAE français, tandis que
l'agglomération en comptait environ 6 727 806 habitants suivant le
classement des 100 plus grandes villes du monde par World Gazetteer
et 6 488 795 habitants selon Population Data, Alger est la première
agglomération du Maghreb.
++Géographie++
Situation et site
naturel
Alger est bâtie sur les contreforts
des collines du Sahel algérois. La Casbah, a été érigée sur le
flanc d'une de ces collines qui donne sur la pointe ouest de la
baie d'Alger sur un dénivelé de 150 mètres environs. En dehors des
fortifications de la ville ottomane, de nouveau quartiers vont voir
le jour le long du bras de colline qui donne sur la baie, dont les
premiers quartiers européens.
La ville va se développer ensuite
vers le nord-ouest au pied du mont Bouzareah, qui culmine à 400 m.
d'altitude, comme le quartier de Bab El Oued, puis tout le long de
la corniche qui contourne le massif.
Les premières banlieues vont voir le
jour au sud-est, le long de la petite bande côtière, sur
d'anciennes zones marécageuses, jusqu'à l'embouchure du l'Oued El
Harrach.
L'étalement urbain de la ville se
poursuivra au delà de l'Oued El Harrach à l'est, sur les terres
fertiles de la plaine de la Mitidja tout au long de la baie, avant
de se poursuivre ces dernières années au sud et au sud-ouest, sur
les collines vallonnées du Sahel, englobant d'anciens villages
agricoles.
++Climat++
Alger bénéficie d'un climat
méditerranéen. Elle est connue par ses longs étés chauds et secs.
Les hivers sont doux et humides, la neige est rare mais pas
impossible et les pluies verglaçantes ne sont pas rares. Les pluies
sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait généralement
chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août.
Risques naturels
Séismes
Alger est une zone sismique
sensible, menacée par plusieurs failles (Khaïr al Dine, Zemmouri,
Sahel, Chenoua, Blida, Thenia). Le dernier seisme important date du
3 février 1716, et a coûté la vie à 20 000 personnes. Cependant
plusieurs quartiers ont été touchés par le séisme de Boumerdès en
2003 (faille Zemmouri).
Inondations
De par sa situation géographique,
Alger est fortement soumise aux risques d'inondation, de par le
ruissellement des eaux de pluie des hauteurs de la ville jusqu'au
quartiers situés en contre bas. Ce risque est accentué par
plusieurs facteurs liés à une évolution urbaine prenant peu en
compte les risques. Plusieurs édifices sont construis sur des lits
d'oued, comme au Val d'Hydra.
Le 10 novembre 2001, des pluies
diluviennes, s'abattent sue Alger transformant les lits d'oueds en
torrents de boue. Cette catastrophe causera la mort de plus de 700
personnes, majoritairement à Bab El-Oued, un quartier ou des
immeubles entiers ont été détruits.
++Histoire++
Appelée à l'origine Ikosim, nom qui
sera latinisé sous la forme Icosium (« l'île aux mouettes »),
lorsqu'elle acquit le statut de comptoir phénicien d'importance, la
fondation d'Alger est antérieure au IVe siècle av. J.-C.. Des
débris de vases campiniens datant du IIIe siècle av. J.-C. y furent
découverts dans un puits de vingt mètres de profondeur en
1940.
Antiquité
Déjà au début du Ier millénaire av.
J.-C., Alger est un important comptoir phénicien. En 202 avant
J.-C., la ville passe sous influence romaine suite à l'alliance
scellée entre Massinissa et Scipion l'Africain contre Carthage. Le
nom d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium, sous Juba I et
Ptolémée.
Les tribus Berbères Maghraouas
étaient très nombreuses dans les environs d'Icosium et Ptolémée de
Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie fera
transférer une partie des Maghraouas vers le chlef. Et il combat
les résisitants berbères soulevés par Tacfarinas, dans cette même
période. Après Tibère, Vespasien envoie une colonie vers Icosium
pour arrêter les révoltes.
Après la révolte de Tacfarinas,
Firmus (général maure)(berbère), détruit Icosium en mettant le feu
avec l'aide de toutes les tribus berbères maures (non romanisés)
qui vivent dans les montagnes des environs au IVe
siècle.
C'est vers le Ve siècle que le
christianisme s'introduit à Icosium. En 429, la ville passe sous
domination vandale, lors de leur conquête de l'Afrique du Nord. En
442, un traité entre Romains et Vandales permet aux Romains de
récupérer Icosium et ce durant les cent ans de présence vandale en
Algérie.
Après 533, la ville, à peine
contrôlée par les Byzantins, est attaquée par des tribus
Berbères.
Moyen Âge
En 710, la conquête musulmane
Introduit l'Islam en Afrique du Nord. Alger était un territoire qui
appartenait au Maghraoua, une tribu Berbère Zénète. Ziri ibn Menad
était vassal des Fatimides. Il prouve sa bravoure à ses derniers
lorsqu'il gagne les berbères Zénètes Kharidjites (Maghraoua, Banou
Ifren, etc). Et après la mort d'Abu Yazid en 947, Ziri ibn Menad
s'empare de la région du centre et il fonde Achir comme capitale
des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut occupée
par les Sanhadja avec la dynastie des Zirides (Les premiers
Sanhadji occupaient les régions de M'Sila, de Médéa et d'Alger). Le
fils de Ziri ibn Menad ayant l'autorisation de son père, Bologhine
ibn Ziri fonde trois villes dont Djzair Beni Mezghenna (Alger),
Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes.
Bologhine ibn Ziri reconstruit
Icosium au milieu du Xe siècle en fortifiant et agrandissant le
site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa « El Djazair Beni
Mezghenna », en 960.
La guerre continue entre les Zénètes
et les Sanhadjas. Ziri ibn Menad est tué en 971 dans une bataille
contre les Maghraoua, sa tête est rapportée à Cordoue par les
Maghraoua pour qu'ils aient de l'aide pour affronter l'armée des
Zirides vassal Fatimides. Et les Zénètes vengent ainsi la mort
d'Abu Yazid. À ce moment-là, Moez, Calife Fatimide désigne
Bologhine ibn Ziri comme Calife du Maghreb. Ce dernier continue le
combat contre les Zénètes. Les Zénètes alors demandent l'aide des
Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes
y compris Alger. Bologhine ibn Ziri prend à ce moment presque tout
le Maghreb en suivant les directives du Moez (Calife
Fatimides).
Bologhine avait toutes les villes du
Maghreb, il avait pour ordre de tuer tous les Zénètes, de ramasser
l'impôt des Berbères sous l'emprise de l'épée. Ce qui va provoquer
une marche de contestation de la part des autres tribus. Les Kutama
vont être jaloux des Zirides et la guerre se fera entre les deux
tribus ; Mila et Sétif sont rasées par les Zirides. Les Omeyyades
acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires
en particulier des Maghraoua. Bologhine ibn Ziri rebrousse chemin
en voyant toute l'armée des Zénètes venue d'Andalousie par voie
maritime et qui s'installe à Ceuta. En 983, Bologhine ibn Ziri
mourut. Il s'ensuit une période longue de défaite pour les Zirides.
Les Maghraouas regagnent leurs territoires et leur souveraineté
dans le Maghreb central et dans l'Ouest grâce à Ziri Ibn Attia
issue des Maghraouas. Toutes les villes du centre jusqu'à Tanger
redeviennent des villes des y compris Alger. Les Fatimides
voulaient prendre l'Andalousie. À la fin, ils décident d'abandonner
le projet pour prendre garder l'Égypte et les autres provinces. Les
Zirides restent souvrain dans leurs territoires dans l'Est de
l'Algérie ainsi que les Hammadides (tribu des Sanhadja). Les
Almoravides prennent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin. Ce
dernier défait tous les Zénètes. La première grande mosquée du rite
malékiste Djamaa El Kébir ou la Grande Mosquée d'Alger y est
construite par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides n'ont jamais
fait la guerre contre les Zirides, les deux tribus sont des
Sanhadja. En 1151. Abd al-Mumin (Almohades), est un berbère
Zénètes, il reprend Alger des Almoravides et reprend tout le
Maghreb et l'Andalousie. Par la suite, Alger fut rattachée aux
capitales des dynasties Zianides, ainsi que Hafsides et Mérinides
pour des courtes périodes. Longtemps la ville fut dépendante de
Tlemcen sous les dynasties Ifrenides, Maghraouides, Almoravides,
Almohades et Zianides.
Époque moderne
En 1510, Ferdinand le Catholique
prend Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtirent sur un îlot de
la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à
bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Salem ben
Toumi chef des Beni Mezghenna demandent l'aide des
Turcs.
En 1516, Arudj Barberousse devient
maître de la ville après avoir assassiné le cheïkh Selim Etteumi,
gouverneur de la cité, celui-même qui avait imploré son aide contre
les espagnols.
En 1516 et 1518, Alger est attaquée
par des expéditions espagnoles commandées respectivement par Diego
de Vera et Hugo de Moncade. Deux fois celles-ci tournent au fiasco.
En 1529, Barberousse détruit le peñon, et y fait construire la
jetée Kheir-Eddine, reliant les îlots à la terre ferme et
constituant ainsi le premier abri du port d'Alger. Cette date
marque aussi le début de la Régence d'Alger, un régime politique
d'inspiration ottomane, qui fit d'Alger la capitale d'un état
largement indépendant mais vassal de Sublime Porte.
Durant la période de la régence
ottomane une guerre éclate contre les Zianides puis plusieurs
conflits surgissent avec les saadéens et les tibus du Sahara, aux
Aurès ainsi qu' en petite Kabylie. En même temps, une double
extrapolation vit le jour. La ville appelée El Djazaïr (Alger et
Algérie s'écrivent de la même manière en arabe: El Djazaïr) donna
son nom au pays entier et la citadelle perchée en haut de la ville
ancienne, appelée la Casbah, donna son nom à la ville. De nos jours
encore, Casbah désigne la ville précoloniale. Elle est désormais
classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La « bataille d'Alger, désastre de
Charles Quint »
Après la bataille de Tunis en 1535
et dans le but de sécuriser ses positions méditerranéennes, Charles
Quint décide, lors de la diète de Ratisbonne en 1541, de s'emparer
d'Alger qui est devenue une véritable base « corsaire » (au sens du
corso méditerranéen) sous la houlette des frères Arudj puis Khayr
ad-Din Barberousse.
En octobre 1541, l'empereur réunit
une flotte de plus de 65 vaisseaux de guerre, 451 navires de
transport commandée par son amiral Andrea Doria, quoique ce dernier
désapprouve une expédition à pareille époque de l'année. Alger
était alors sous l'autorité d'un pacha intérimaire, nommé Hassan
Agha, d'origine sarde et fils adoptif de Khayr ad-Din Barberousse,
celui-ci étant devenu grand amiral de la flotte ottomane depuis
1538. Hassan Agha, renforce les fortifications, les arsenaux et
fait raser les arbres autour des remparts. Après avoir débarqués
sur la plage du Hamma, le 23 octobre, l'empereur installe son camp
sur les hauteurs sur la colline du Coudiat saboune, au lieu-dit du
marabout de Sidi Yacoub (futur Bordj Moulay el Hassen et Fort
l'Empereur). La défense de la ville est assurée par 1 500
janissaires et 6 000 morisques réfugiés récemment amenés d'Espagne,
alors que l'expédition impériale est composée d'une troupe de 12
300 matelots et 23 000 combattants : 6 000 espagnols et siciliens,
5 000 italiens, 6 000 allemands, 3 000 volontaires de toutes
nationalités, 150 chevaliers de Malte, 200 gardes de la Maison de
l'Empereur, 150 officiers nobles dont le célèbre Hernán Cortés et 2
000 cavaliers.
La journée du 24 octobre est marquée
par des combats intenses sans qu'un quelconque avantage se dégage ;
le 25 octobre, en fin d'après-midi, un orage d'une violence inouïe
éclate. La tempête va se déchainer toute la soirée et même la nuit
entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, rend
inutilisable la poudre pour les canons et les arquebuses ; plus de
140 navires sont fracassés sur la côte alors que des dizaines
d'autres ont coulé à pic avec hommes et biens. Les troupes
impériales sont alors décimées par les troupes d'Hassan Agha et les
irréguliers venus des campagnes environnantes. L'armée impériale
bat ensuite en retraite vers le Cap Matifou dès le 29 octobre, sur
les conseils d'Andrea Doria.
La retraite est désastreuse pour les
forces impériales car la route est coupée par une crue de l'oued
El-Harrach tandis que les troupes algéroises et irrégulières les
harcèlent, leur occasionnant de grandes pertes - plus de 3 000
morts. Les survivants arrivent le 1er novembre à Tamentfoust, où
Andrea Doria s'était mis à l'abri avec la flotte rescapée. Les
troupes de Charles Quint, lèvent l'encre le 2 novembre, et se
réfugient à Béjaïa (Bougie), alors toujours aux mains des
espagnols, qu'ils quitteront le 27 novembre pour l'Espagne. La
défaite de l'Empereur sera accueillie avec une joie immense par la
France et son roi, Francois Ier, alors ennemi déclaré du
Habsbourg.
Après cette débâcle célèbre, qui est
connue sous le nom de « désastre d'Alger », la ville va devenir la
plus puissante des villes neuves de la Méditerranée. La Régence
d'Alger, solidement établie, va durer trois siècles, jusqu'en
1830.
La régence
La marine royale, sous le
commandement de Abraham Duquesne, bombarde Alger en 1683. Sous la
régence turque, la ville était administrée par un fonctionnaire :
le Cheikh-el-Bled.
Celui-ci avait entre autres
attributions : celle de lever une contribution hebdomadaire sur les
boutiques et sur les corps de métiers ; de fournir par voie de
réquisition, les mulets et les chevaux de transport nécessaires aux
troupes turques envoyées au dehors : et de défrayer pendant leur
séjour à Alger, les envoyés de l'intérieur.
Sa résidence était située dans
l'actuelle « rue de la Lyre inférieure », sa villa, à Birkadem («
Djenan Cheikh-el-Bled »).
Au début du XVIIIe siècle, Laugier
de Tassy décrit la population d'Alger en ces termes « On ne voit
presque dans la ville que les Maures, qui ont été chassés
d’Espagne ».
Au début du XIVe siècle, on comptait
à Alger une centaine d'écoles primaires et quatre collèges
supérieurs (pour moins de 20 000 habitants), à savoir celui de la
Grande Mosquée, celui de la Quashashiyya, celui des Andalous et
celui de Shaykh al-bilâd.
Colonisation française
En 1830, motivé par les ressources
agricoles de la Mitidja, Charles X envoie un corps expéditionnaire
français commandé par le général de Bourmont, ministre de la guerre
prendre possession de la ville qui tombe le 5 juillet 1830, trois
semaines après avoir débarqué à Sidi-Fredj (Tipaza) situé à 30 km à
l'ouest. Simple raid à l'origine, l'occupation française va se
prolonger pendant plus de 130 ans, et marquer profondément la cité
qui comptait à peine 30 000 habitants à cette époque.
La ville, bâtie en amphithéâtre sur
un rocher dont l'inclinaison est tournée vers l'Est, s'étendait
alors, dans la partie comprise entre les actuels rue Benganif,
boulevard Hahkad, la Casbah (la citadelle) et le port, soit 3 200
mètres de remparts avec cinq portes (Bab El-Oued, Bab Azzoun, Bab
Dzira, Bab El Bhar et Bab Jedid) qui enfermaient environs 12 200
maisons de grandeurs diverses contenant toutes une cour d'une plus
ou moins grande étendue, 103 mosquées, une dizaine de synagogues, 7
grandes casernes de Janissaires, 150 fontaines et 60 cafés
maures.
Les faubourgs constituaient la
campagne avec de belles villas enfouies dans un cadre de verdure et
de vastes jardins qui faisaient l'admiration des Européens. La
ville haute, le Djebel, constituait la vraie ville avec ses
mosquées, ses zaouïas et ses rues étroites.
Au lendemain de la colonisation, la
ville est maintenue comme capitale de la nouvelle colonie
d'Algérie, où une commission de gouvernement et un conseil
municipal institués par Bourmont, siègeant en premier lieu à
l'hôtel Bacri (aujourd’hui « Palais Dar Khedaouedj Amiya »),
rue Socgémah, remplacent l’administration turque. Cette
assemblée composée de 7 Maures et de 2 Israélites, était présidée
par un maure marié à une française, Ahmed Bouderbah qui, avant 1830
avait vécu en qualité de commerçant à Marseille. C’est lui
qui, avec Hamdan Khodja, négocia la rédition de la ville auprès du
Dey Hussein. M. Brugière, sous-intendant militaire, agisssant en
tant que « commissaire du Roi près de la municipalité » le seconda
dans sa tâche.
Puis dès 1848, elle devient le siège
de la préfecture du département du même nom, permettant ainsi
développement rapide, grâce à l'arrivée d'émigrants européens au
cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, principalement
d'origine française, tandis la population locale se concentre
plutôt dans une Casbah en voie de taudification.
Afin d'investir la ville, deux
ressources s'offrent aux colons : soit celle d'occuper les
habitations mauresques, en s'adaptant à leur architecture ; soit
celle d'en démolir quelques-unes pour construire des voies
carrossables et des places pouvant servir aux rassemblements de
troupes et aux marchés.
La topographie de la ville,
accidentée dans sa partie ouest et n'offrait qu'une zone basse
légèrement plane dans sa partie est, qui en bordure de mer pouvait,
grâce au voisinage du port, avoir un plus grand intérêt économique.
Ainsi, c'est dans cette dernière zone qu'il y eu le plus de
transformations.
On commença par quelques démolitions
entre Bab-Azoun et la Marine, ainsi que dans la rue des Souks pour
permettre aux chariots de circuler librement. On continue le tracé
des rues « Bab-Azoun », « Bab el Oued » et « de la Marine » qui ont
été auparavant simplement élargies. Pour les deux premières, on
construit des rues à arcades et on fait adopter l'établissement de
galeries, de façon à lutter contre les rayons du soleil. Aussi
l'ouverture de deux autres rues est décidée : celles « de Chartres
» et « des Consuls » afin d'établir une communication entre les
portes Nord et Sud au cas où les rues Bab-Azoun et Bab el Oued
aient été rendues inutilisables.
À partir de 1840, la ville sortant
des limites des fortifications ottomanes et des logiques de
défense, le Génie élabore en 1841 un projet d’ensemble de
fortifications modernes. L’architecte Pierre Auguste
Guiauchain rédige en 1845 un schéma général de voirie et
d’alignements concernant les terrains à édifier à
l’intérieur de la nouvelle enceinte. Il installe les nouveaux
bâtiments publics : Hôtel de Ville, palais du Gouverneur, théâtre,
palais de justice, hôtel des postes et du trésor... dans les
meilleurs emplacements dominant la mer et prévoit une série de
percées transversales destinées à faciliter la liaison entre les
nouveaux quartiers du nord et du sud de la ville.
Ce plan qui sera publié en 1848 par
Delaroche, esquisse les rampes et les escaliers destinés à relier
les quais à la ville, quelque 15 mètres plus haut, de même que les
liaisons avec la « place du Gouvernement » au sud.
Par étapes successives cette idée
aboutira, en 1860, au projet de Charles Frédéric Chassériau,
architecte de la ville, qui dessine l’ensemble de la
structure soutenant le boulevard et les rampes entre les quais et
la ville. Il prend le nom de boulevard de l’Impératrice en
honneur de Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III qui
l’inaugure en 1865 (avant son achèvement) et accueille, au
fil du temps, d’importants édifices publics : la Préfecture,
le Palais des Assemblées, le Casino, l’Hôtel de ville,
etc…
Les Français s'installent
principalement dans les faubourgs, dans des maisons qui se trouvent
le long des remparts, comme le quartier populaire de Bab El-Oued au
nord, tandis que l'on poursuit également l'européanisation de la
ville musulmane ; aménager les constructions mauresques semble être
le meilleur programme d'utilisation de la cité. Ainsi, dès 1839, la
partie basse de la ville tend à disparaître, démolitions et
expropriations contribuent à donner un aspect nouveau à ce
quartier. L'immigration d'Européens est importante. Tous les
nouveaux venus commencent d'abord par occuper les maisons
mauresques qui sont transformées pour répondre à des exigences
nouvelles. Celles-ci deviennent bientôt des bâtisses insalubres et
mal aérées. Lors de son voyage, Napoléon III fait une enquête
personnelle qui a pour résultat d'arrêter les démolitions de la
vieille ville. Le rapport dit que la haute ville doit rester telle
quelle. On commence à s'apercevoir qu'il est difficile de greffer
une ville européenne sur une ville musulmane. Le temps seul se
charge alors de modifier l'aspect de la cité.
Ainsi, les quartiers d’Alger
ressemblent peu à peu à des quartiers parisiens, dignes des travaux
haussmanniens, avec les lieux nécessaires à la vie publique
(jardin, église, mairie, école). Les anciennes somptueuses villas
ottomanes réquisitionnées, sont utilisées comme maisons secondaires
par les grandes familles françaises.
La colonisation fait d'Alger une
ville à majorité européenne, ceci bien que la population musulmane
indigène commence à s'accroître de façon exponentielle à partir de
la Première Guerre mondiale, du fait tant de l'accroissement
naturel que de l'exode rural.
À partir de 1903,
l’administration française demande le respect de la culture
indigène, c’est ainsi que le style néo-mauresque est né
(exemple : grande poste). L’embellissement de la ville est
accentué pendant les années 1930 (centenaire de la conquête de
l’Algérie). C’est un moyen pour justifier la
colonisation et de montrer sa réussite. Pour cela, on construit des
musées (musée des beaux arts), des jardins (jardin d’essais),
des lieux artistiques (villa Abd Eltif).
Les transports modernes sont
également installés. Ainsi, en 1892 le chemin de fer fait son
apparition par la création de la Compagnie des Chemins de Fer sur
Routes de l'Algérie (CFRA), dont une partie du réseau est centré
sur Alger. Il se compose d'une ligne côtière traversant la ville
par les boulevards le long du port. La même année, la Compagnie des
Tramways Algériens (TA) est créée afin de constituer un réseau
purement urbain dans Alger. Une longue ligne est construite,
parallèle à celle des CFRA, mais à l'intérieur de la ville. En
complément de la ligne de tramways des TA, une nouvelle ligne de
trolleybus est mise en service.
Seconde Guerre mondiale
Pendant la Seconde Guerre mondiale,
l'Afrique du Nord française, dont Alger, reste sous les ordres de
la métropole, donc à compter de juin 1940 du gouvernement de Vichy.
Le 8 novembre 1942 seulement, Alger voit débarquer les forces
alliées, dans le cadre de l'Opération Torch. À Alger, le succès du
débarquement est lié à une opération de résistance de grande
ampleur. 400 combattants, dont de nombreux membres de la communauté
juive d'Alger, occupent les principaux points stratégiques de la
ville la nuit précédant le débarquement, emmenés par Emmanuel
d'Astier de La Vigerie et José Aboulker. Ce putsch permit d'éviter
toute résistance du 19e corps d'armée vichyste, stationné dans la
ville sous le commandement du général Juin.
Alger devient le siège du
commandement Allié, chargé de préparer le débarquement en Italie
sous la direction du général Eisenhower, futur président des
États-Unis.
Elle devient surtout la capitale
provisoire de la France, lorsque, après un maintien provisoire du
régime de Vichy sous l'amiral Darlan et le général Giraud, elle
accueille le général de Gaulle qui y constitue, avec Giraud, le
Comité français de la Libération nationale (CFLN), puis convoque
l'Assemblée consultative provisoire. Le 3 juin 1944, le CFLN
devient le Gouvernement provisoire de la République française
(GPRF), qui siège à Alger jusqu'après la libération de
Paris.
Guerre d'Algérie
Alger se constitue en Zone autonome
d'Alger, fin de l'année 1956 sous le commandement de Abane Ramdane
et en suite de Yacef Saadi en 1957, joue aussi un rôle décisif
durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant la
bataille d'Alger, durant laquelle la 10e division parachutiste de
l'armée française, à partir du 7 janvier 1957, mena la chasse aux
indépendantistes algériens, sur ordre du garde des Sceaux François
Mitterrand, qui lui donne tous pouvoirs pour « éliminer les
insurgés ». La ville comptait alors 884 000 habitants.
Alger reste marquée par cet épisode
caractérisé par une lutte sans merci entre les indépendantistes
oeuvrant pour la libération du pays et l'Armée française menant des
opérations de police et pratiquant la torture.Des opposants à
l'ordre colonial, comme le jeune professeur de mathématiques
Maurice Audin ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi sont
maintenant honorés depuis par la municipalité : des artères
principales de la ville portent désormais leurs noms. La bataille
d'Alger, remportée par le général Massu, reste cependant une
réussite mitigée car si au plan militaire, en quelques mois, les
principaux dirigeants du FLN sont arrêtés, l'action de ces derniers
ainsi que les aspirations du peuple algérien apparaissent sous un
jour nouveau aux yeux de l'opinion internationale.
Un an plus tard, les manifestations
du 13 mai lors de la crise de mai 1958 y consacrent la chute de la
Quatrième République en France, ainsi que le retour du général de
Gaulle aux affaires. Dans l'espoir d'une résolution rapide de la
crise algérienne, on peut alors voir d'immenses manifestations
mêlant dans une liesse commune Européens et indigènes affirmant
leur attachement indéfectible à la France et leur foi en la
politique du général de Gaulle.
Par les décrets no 59-321 du
24.02.1959 et no 60-163 du 24.02.1960, l'organisation de la commune
d'Alger sera réorganisée : le « Grand Alger » est formée en
agglomérant au centre ville douze anciennes communes de la
périphérie. L'ensemble est divisé en dix arrondissements, dont la
gestion est assurée par un administrateur général, par un conseil
municipal élu et par des maires et adjoints
d'arrondissement.
Indépendance
Les Algériens célèbrent dans une
grande liesse populaire l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet
1962. Dirigée par les militaires, Alger devient une capitale du
tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des non-alignés
pendant la Guerre froide
En octobre 1988, soit un an avant la
chute du Mur de Berlin, Alger est le théâtre de manifestations
réclamant la fin du système de parti unique, une véritable
démocratie baptisées « le Printemps d'Alger ». Elles sont réprimées
par les autorités (plus de 300 morts), mais constituent un tournant
dans l'histoire politique de l'Algérie moderne : en 1989, une
nouvelle constitution est adoptée qui met fin au règne du parti
unique et voit la création de plus de cinquante partis politiques,
ainsi qu'officiellement une libération totale de la presse
écrite.
Crise des années 1990
La ville devient alors jusqu'en 1992
le théâtre de nombreuses manifestations politiques de toutes
tendances. En 1991, une formation politique dominée par des
conservateurs religieux, le FIS, engage un bras de fer politique
avec les autorités qui se solde par des élections législatives
qu'elle est en passe de remporter en 1992, à la faveur d'une
abstention massive des électeurs algériens désabusés par la
tournure des événements. L'annulation du scrutin par les autorités
marque le début d'une période de violences opposant les algériens
aux ultraconservateurs religieux constitués en groupes terroristes
armés, jusqu'en 1999. L'activité économique sociale et culturelle
reprend des couleurs à la faveur du calme revenu.
Années 2000
De nos jours, en 2007, Alger veut
redevenir une grande capitale africaine et méditerranéenne,
envisageant d'avoir un niveau de développement des infrastructures
comparable à celui qu'elle avait en 1962. Elle entreprend une
ouverture vers le monde en organisant de nombreuses manifestations
et colloques internationaux.
Alger attire ainsi depuis quelques
années de grandes multinationales telles que la Société Générale,
ou encore Siemens. De nombreux grands projets de réalisation
d'infrastructures tels que le métro d'Alger, le tramway ainsi que
divers projets de restructuration urbaine, de création de nouveaux
centres urbains satellites, peinent à voir le jour, quoiqu'ils
auraient dû être achevés il y a plus de 15 ans : Alger est en
pleine expansion urbaine, motivée par un besoin d'affirmation au
plan régional dans sa lutte pour concurrencer les autres villes
nord-africaines de Tunisie et le Maroc
Pour l'année 2007, Alger est
capitale de la « culture arabe ».
++Jumelages et
partenariats++
Jumelages
Casablanca (Maroc) depuis le 19
juillet 1963
Montréal (Canada) depuis le 22
février 1989
Amman (Jordanie) depuis le 3
septembre 1998
Traités d'amitié et de
coopération
Pékin (Chine) depuis le 11 octobre
1989
Paris (France) depuis
2003.
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